
Le jeu de cartes
Écrire l’histoire de sa famille est une entreprise longue, il faut une patience infinie, un peu de méthode, accepter de se tromper et recommencer « Remettre sur le métier l’ouvrage » dirait le sage Montaigne.
Il y a différentes méthodes, mais je ne crois pas que l’on puisse démarrer sans un minimum de généalogie, il n’est pas nécessaire de remonter huit générations, les deux voire trois précédentes suffisent à situer le fameux « d’où on vient » et révèlent déjà une histoire assez cossue.
Commencer par une recherche généalogique permet une trame, une narration factuelle. Attention, les actes que vous trouverez seront une mine d’information sur les lieux de vie, quartier, sur le voisinage, les témoins dans les actes de mariages.
C’est à mon avis un excellent point de départ, que je ne peux m’empêcher d’appliquer quand je travaille sur une commande biographique.
A cela s’ajoute ce que je nomme les mémoires vives. Les souvenirs qui traversent le temps, parfois vrais parfois totalement ou en partie erronés, prêts à devenir des légendes familiales. Mais toujours cousu d’un fil de sincérité ou de véracité.
Pour exemple, mon grand-oncle Jean, celui que ma grand-mère appelait le soldat inconnu dans les meilleurs jours et le bandit mort dans un tripot le reste du temps, la constante était qu’il avait disparu et n’avait jamais redonner signe de vie, et ces histoires, devenues légendes familiale, ont été démontées par mes recherches. J’ai retrouvé Jean à l’armée, au service auxiliaire mais soldat de 14/18 tout de même, quant à sa supposée disparition, elle ne l’était pas pour tous dans la mesure où figurent sur les Tables de successions et d’absences le nom et l’adresse de ses parents. Ainsi Jean est passé de légende familiale a secret de famille et c’est là que mon enquête à commencer. Pourquoi en 1912 une famille raye un membre de l’arbre généalogique ?
Toujours est-il que sur un malentendu généalogique, ma grand-mère a interdit en sa maison les jeux de cartes, et ce pour les générations futures !
En généalogie ne jamais rien négliger.


ENTRE MES LIGNES
Sandrine Dastarac
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