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Alice Ferney, invitée au Vent Délire le 27 mai à 19h.
Madame Noblet confie son fils Gabriel à L’Embellie, un établissement associatif, un externat qui accueille 35 jeunes gens entre 14 et 20 ans.
Claire Bodin est heureuse d’y travailler, elle trouve son rôle d’enseignante en culture générale épanouissant. Elle prend son métier très au sérieux, elle stimule, elle accompagne, elle rassure, elle encourage ses jeunes personnes en situation d’handicap.
« La fragilité est touchante, la sensibilité dépasse l’intelligence : madame Bodin est pascalienne sans le savoir. On ne voit bien qu’avec le cœur, elle en est sûre et l’apprend à ses élèves. »
La bienveillance est certainement la qualité première de Claire, une qualité qui vient du cœur, chez elle l’empathie déborde. Elle compte davantage sur la réussite du cœur plus que sur la réussite académique. L’instruction ne devrait pas être synonyme de devoirs, de cela Claire est sûre contre vents et marées, contre l’éducation nationale.
Annick Joyeux est la directrice de ce petit établissement, affable avec les familles, distante et rigoriste, son inimité avec Claire est évidente, représente-t-elle une menace, elle que les enfants, les adolescents aiment si vite ?
Gabriel n’a pas confiance et Claire est la personne parfaite pour faire remonter son estime de soi. Gabriel reprend gout à l’école, l’étude, l’apprentissage, il se prend d’affection pour cette professeure gironde et si sympathique.
Mais voilà, l’affection professorale n’existe pas, elle ne peut exister cela reviendrait à de l’abus, le pire : l’abus d’un handicapé mental.
La directrice est alertée par la maman de Gabriel qui voit d’un mauvais œil l’attachement de son fils pour cette professeure trop intime, trop familière, qui ne semble pas savoir rester à sa place.
Mme Joyeux prévient Claire, ce n’est pas la première fois que sa subordonnée déborde du cadre, il y a un précédent, l’affaire Marguerite, aussi il n’est pas question d’aller dans son sens.
Claire doit comprendre son rôle et s’y borner.
La suspicion plane, Claire est surveillée, scrutée, analysée, des experts psychologiques jusque dans sa classe, jusqu’au drame.
« L’accusé est présumé innocent et le doute doit lui profiter »
L’incompréhension fait suite à la colère, à la culpabilité, au doute, à la honte, au silence.
Et dans ce tumulte un second combat se profile celui de la maladie.
Sans jamais prendre part, Alice Ferney met à mal culpabilité et innocence. Le système éducatif et ses limites sont malmenés, les dérives de la sexualisation à tout va, et la justice, cette machine infernale implacable. Jusqu’au bout du roman, la situation évolue et nous implique, nous lecteur, dont le fil des pensées nous échappe et nous invite à nous positionner. Coup de maitre !


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Sandrine Dastarac
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